La thérapie contemplative

Les vertus thérapeutiques de la Présence inconditionnelle

L'approche contemplative propose une relation bienveillante et empathique entre le thérapeute et le client/patient. C'est cette qualité d'être qui va autoriser un renversement de l'état d'esprit et le déploiement d'une véritable et fondamentale bonté envers soi-même comme envers son environnement. Un état d'être à la fois bon et lucide, tranquille et dynamique.


Au démarrage du suivi

Pour quelle raison allons-nous consulter un psy ? Quelles sont nos raisons et nos attentes ?

 

On consulte parce qu’on souffre de :

  • Troubles de la relation : conflits avec soi-même, avec les autres.
  • Troubles émotionnels, de l’humeur : hauts et bas, angoisse, colère chronique, dépression-déprime.-
  • Troubles somatiques : corporels.
  • Troubles cognitifs et/ou comportementaux : rumination, agitation, égarement, anticipations anxieuses.
  • Un sentiment d’insatisfaction : doute, perdu, incomplétude.
On consulte pour :
  • Faire le point.
  • Trouver des remèdes.
  • Stabiliser la santé et prévenir les rechutes.

Pendant le premier entretien :

 

Parfois, on s’entend dire :

  • « C’est pas de moi », de fonctionner comme ça, de ressentir ça. Pourtant je le vis. 
  • « C’est mon caractère », de fonctionner comme ça.
Mais alors comment résoudre le problème ? Ce que le thérapeute va observer le plus souvent est une dépendance/quête affective traduit par un manque d’émancipation. Sur la base de cette quête, la maladie apparaît : 
  • nous sommes absents, ignorants.
  • nous remettons en discussion la réalité de l’ici et maintenant.
  • nous nous opposons aux conditions de notre propre existence.
  • nous nous attachons aux phénomènes, aux autres, à une idée de soi. (dépendance)

 


Parcours thérapeutique dans une approche contemplative

Le pouvoir thérapeutique de la présence inconditionnelle, késako ?

La thérapie est « un ensemble de mesures appliquées par un professionnel de la santé à une personne vis-à-vis d'une maladie, afin de l'aider à en guérir, de soulager ses symptômes, ou encore d'en prévenir l'apparition ». Wikipédia

La Présence est  « le fait pour quelqu'un, quelque chose de se trouver physiquement, matériellement en un lieu déterminé, par opposition à absence ». Wikipédia

Inconditionnelle signifie sans condition et/ou suivre sans discuter.

 

Autrement dit, pour résumé l’ensemble de ces notions, la présence inconditionnelle serait :

  • le fait d’être physiquement, matériellement
  • dans un lieu – dans son corps, un espace temps, un ici et maintenant
  • et ceci sans condition et sans discussion
  • et aurait une vertu thérapeutique. Soignerait la maladie, la souffrance.
On pourrait aussi appeler la Présence inconditionnelle : « Pleine Présence »
  • qui est présent quelque soit les obstacles
  • et même une présence qui intègre en elle-même les obstacles, sans limitations.
  • Et sans suivre le bavardage des pensées

Quel est le traitement thérapeutique proposé à travers la présence inconditionnelle ?

Un traitement thérapeutique doit absolument commencer sur ce qui nous habite, c’est-à-dire par nos névroses, nos limitations, sans quoi la résistance peut persister et même se renforcer.

 

Quelles sont nos limitations, nos blocages, nos résistances ?

La limitation est une « action de fixer la limite, la frontière d'un terrain : La limitation d'un champ. Action, fait de fixer un terme, des bornes, des restrictions à quelque chose ». Wikipédia. Nous allons nous-même fixer et entretenir nos propres limitations par des croyances et affirmations, dont certaines nous ont été transmises. "Je suis ceci, je ne suis pas cela …". « Je » se définit, il se retranche derrière une définition, il se coupe, se différencie. Il coupe et il saisit, fixe la réalité. Il tombe dans l’incomplétude. La coupure fait mal. On se coupe, on a peur, on se coupe encore plus, on se tranche encore plus en :

  • projetant nos difficultés sur autrui (l’autre est le miroir de soi).
  • dépendance.
  • évitant de traiter la véritable racine de la souffrance (la fixation).
  • se leurrant sur un chemin spirituel qui serait désincarné (dans les valeurs éthérées), ego démesuré et jugeant.
  • Se négligeant nous-même, le chemin se fait alors sans cœur ni douceur envers nous-même, et donc envers autrui (sans chaleur face à la souffrance). Creuset de la violence.

Comment revenir à une présence pleine et inconditionnelle qui permettrait de guérir de la souffrance de la saisie, de la coupure, de l’incomplétude ?

  • L’Attention : contact/accueil poser son attention posée continument
  • Et l’ouverture : qualité spacieuse et sans limite de la présence.

Parcours thérapeutique en trois étapes

  1. On prend contact avec les limitations, obstacles, limites, fixations, définitions de soi, de manière très directe, sensorielle, dans l’ici et maintenant, de manière incarnée. Dans la chair. Sentir ces creux, ces barres, ces sensations désagréables. Sentir les troubles dont on se plaint, cette dualité, ce conflit EN NOUS : la traduction physique du « je veux et je veux pas ».
  2. Accueillir nos limitations, nos frontières, les intégrer avec bon cœur, dans notre cœur, au plus profond de soi. Le cœur dissout les frontières. Le cœur crée du rapprochement. Prendre appui sur la dualité pour l’intégrer et finalement s’harmoniser avec elle. Ne rien rejeter, tout intégrer.
  3. Laisser être, laisser diffuser, circuler dans l’espace ouvert : ouvert car il n’y a plus de frontière. Il y a un espace où des frontières se baladent librement. Où toutes les fixations se dissolvent, retrouvent leur liberté fondamentale.

Dualité et unité sont co-émergeants

Le plus difficile n’est pas de faire cette expérience, elle est présente à chaque instant. Le plus difficile est de la reconnaître et de laisser cette reconnaissance se stabiliser. Les frontières ne peuvent subsistées que s’il y a quelque chose à contenir, à différencier. La définition de soi est en jeu. Cela crée la peur de mourir, de disparaître, de se dissoudre. C’est tout l’enjeu d’une thérapie fondamentale : « mourir », ici, c’est abandonner ses peurs et ses illusions et oser vivre tout à fait librement. Cela fait peur à bien des égards. Alors quand la peur arrive, avec son lot de définitions et de fixations, de trucs auxquels on tient. Ca résiste. Face à cette résistance, on est invité à revenir à la prise de contact avec elle, à l’accueil et à l’ouverture.

 

 

C’est l’entraînement à L’ATTENTION ET A L’OUVERTURE.

 

 

 

Delphine de Préville

Publié le 28 janvier 2019.

Ce texte est un résumé d'une intervention de Delphine de Préville au Colloque Pleine Présence et Pratique d'accompagnement, Institut Pleine Présence, Ecosite d'Avallon, Savoie, octobre 2017.

 

Pour aller plus loin :

* Mieux vivre ses émotions

ATELIERS / RETRAITES / CONFERENCES : Prochaines dates.

AUDIOS Divers enregistrements.

VIDEOS : Série d’interviews.

LIVRES : Le bon coin du lecteur.


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